FAQ - Foire aux questions

Nous avons probablement tous un ou quelques traits de personnalité qu'il serait avantageux de modifier. Dans le trouble de la personnalité cependant, certains traits sont vraiment rigides et envahissants. Ils amènent de la souffrance ou nuisent véritablement à l'adaptation et au fonctionnement dans diverses situations.

QU'EST-CE QU'UN TROUBLE DE LA PERSONNALITÉ?

Selon le DSM-IV, il s'agit « d'un mode durable des conduites et de l'expérience vécue qui dévie notablement de ce qui est attendu dans la culture de l'individu, qui est envahissant et rigide, qui apparaît à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, qui est stable dans le temps et qui est source d'une souffrance ou d'une altération du fonctionnement. »

Les troubles de la personnalité sont définis par des caractéristiques communément appelées traits de personnalité qui sont des « modalités durables d'entrer en relation avec, de percevoir et de penser son environnement et soi-même, qui se manifestent dans un large éventail de situations sociales et professionnelles » (DSM-IV). Par exemple, la méfiance, le perfectionnisme, le détachement par rapport aux relations sociales, les croyances bizarres, l'impulsivité, etc. sont des traits de personnalité.

Les traits de personnalité ne sont considérés comme des critères pour diagnostiquer des troubles que lorsqu'ils sont rigides et inadaptés, c'est-à-dire qu'ils envahissent des situations personnelles et sociales diverses et qu'ils entraînent une souffrance ou qu'ils nuisent au fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants. Cette inflexibilité distingue la personne qui souffre d'un trouble de la personnalité de la personne qui présente aussi des modalités durables de fonctionnement mais dont les traits peuvent être plus flexibles et qui peut varier son comportement pour mieux s'adapter à différentes situations. Par ailleurs, la stabilité à travers les années et dans différentes situations est un critère important pour le diagnostic d'un trouble de la personnalité.

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  1. Qu'est-ce qu'un trouble de la personnalité limite (borderline)? Quels sont les critères du DSM-IV?
  2. Un premier psychiatre m'a diagnostiqué maniaco-dépressif et plus tard, un autre psychiatre m'a diagnostiqué comme ayant le trouble de personnalité limite.
    Qui dit vrai?
    Je ne suis pas la seule personne à qui c'est arrivé, car dans un groupe d'entraide, plusieurs personnes m'ont dit que cela leur est arrivé.
    Comment expliqueriez-vous cela?
  3. J'aimerais savoir si le trouble de personnalité limite (borderline) est considéré comme une maladie mentale.
  4. J'ai plusieurs questions : Comment distinguez-vous...
    ... un état limite d'une névrose? d'une psychose?
    ... le diagnostic différentiel par rapport à un état limite?
  5. Est-ce que le trouble de personnalité limite est héréditaire?
  6. Pourquoi cela touche-t-il les gens?
  7. Y a-t-il plusieurs personnes qui sont aux prises avec le trouble de personnalité limite?
  8. Je crois fermement que mon petit-fils a des troubles de la personnalité limite. Il a 9 ans.
    Comment les parents peuvent consulter un médecin et où s'adresser s'ils n'ont pas les moyens de payer un psychologue...
    Les parents se sentent dépassés; ils n'y arrivent plus.
    Quelle est l'aide disponible?
  9. Est-ce qu'une personne aux prises avec un trouble de personnalité borderline peut espérer acquérir de la stabilité sur le marché du travail et sur le plan conjugal?
  10. Je ne me reconnais pas ou je ne reconnais pas mes proches dans vos réponses, pourquoi?
  11. Peut-on espérer un "rétablissement", une amélioration de la qualité de vie?
  12. Les troubles de la personnalité peuvent-ils se résoudre dans une thérapie à court terme?
  13. Le trouble de personnalité narcissique hypervigilant, ça signifie quoi au juste?
  14. Est-ce que vous êtes capable de trouver des études faisant état de l'utilisation d'électrochocs (ECT) pour le traitement de personnalité limite?
  15. Face aux idées suicidaires d'une personne en détresse, comment aider, quoi dire?
  16. Après avoir fait un test sur Internet, je suis convaincu d'avoir le trouble de personnalité limite,
    cependant mon psychiatre qui me suit depuis quelques temps prétend le contraire.
    Est-il incompétent?
  17. Je remarque que votre site comme plusieurs autres sites affichent le logo HONcode.
    Peut-on conclure que dès qu'un site affiche ce logo cela veut signifier qu'on y retrouve uniquement des informations médicales et de santé qui soient précises avec preuve scientifique valide et que c'est un site de qualité?
  18. Pouvez-vous m'aider à trouver un psy?
  19. Comment choisir le psychothérapeute une fois que j'ai identifié quelques ressources?
  20. Thérapie par Internet ou en face à face?
  21. Est-ce que les traitements de psychothérapie sont couvert par la Sécurité Sociale (Assurance Maladie), en France?
  22. Je me sens brimé dans mes droits ayant de la difficulté à accéder à des soins de qualité, que puis-je faire?
  23. Pourriez-vous me donner quelques pistes pour démarrer un groupe d'entraide?
  24. À propos des groupes de soutien sur Internet et de canal de discussion en ligne (chat), que faut-il savoir?
  25. Comment m'abonner gratuitement au Bulletin mensuel "L'initiative" de Personnalité_Limite.Org afin de le recevoir par courriel?
  26. Où peut-on se procurer le livre « Trouble de personnalité limite et réadaptation - Points de vue de différents acteurs »?
  27. Quelle est la différence entre le trouble déficitaire de l'attention et la personnalité limite?
  28. Il y a des individus qui disent que les personnes aux prises avec le TPL sont des manipulateurs, d'autres disent le contraire. Qui faut-il croire?
  29. Depuis combien de temps, selon vous, parle-t-on des pathologies limites que nous connaissons sous l'appellation Trouble de la personnalité borderline? Depuis 20 ans? 50 ans? ou davantage?
  30. Pourquoi le trouble de personnalité limite (TPL) atteint-il généralement plus les femmes voir les adolescentes que les hommes?
  31. Pourquoi le TPL ne touche que au "moi" et non au "sur-moi" et "l'inconcient"?

Ne manquez pas la capsule d'information en bas de page !

Voir aussi les questions / réponses de la rencontre d'information sur "Les troubles de personnalité borderline" qui fut animée par la Docteure Lynn Gaudreault, psychiatre, Département de psychiatrie, CHUS, Professeur agrégée, Université de Sherbrooke, au lien suivant :

http://www.personnalitelimite.org/guidefamille4.html


Question 1 :
Qu'est-ce qu'un trouble de la personnalité limite (borderline)? Quels sont les critères du DSM-IV?

Réponse à la question 1 : _ Le trouble de personnalité limite est l'un des 11 troubles de la personnalité. Il se caractérise par une instabilité des émotions, du comportement, de l'image de soi et par des difficultés majeures dans les relations avec l'entourage. Le trouble apparaît à l'adolescence ou au début de l'âge adulte et il peut persister au-delà de la quarantaine. Les personnes atteintes sont moralement souffrantes, elles ont souvent peu d'espoir de s'en sortir, ce qui se reflète par des préoccupations suicidaires fréquentes.

Source de l'information : http://www.personnalitelimite.org/guidefamille2.html

Vous avez dit Borderline?

Le terme « borderline » est un terme inapproprié, appuyé par une vieille théorie qui indiquait que cette pathologie se situe entre la psychose et la névrose. Actuellement, le trouble de personnalité limite est considéré comme un syndrome complexe dont les caractéristiques centrales incluent une instabilité de l'humeur, contrôle des impulsions et des relations interpersonnelles (Skodol, Gunderson et coll., 2002).

Source : PARIS, J., MD, Professeur, Département de psychiatrie, Université McGill (Montréal); Chercheur associé, département de psychiatrie, Hôpital Sir Mortimer b. Davis-Hôpital Général Juif de Montréal; auteur du chapitre 2, traduction et adaptation par Claude Leclerc : Description du trouble de personnalité limite, du collectif d'auteurs «Trouble de personnalité limite et réadaption - Points de vue de différents acteurs» tome 1, publié aux Éditions Ressources, 2007, sous la direction de Robert LABROSSE et Claude LECLERC.


« Le TPL est une appellation plus répandue faisant souvent référence aussi à d'autres troubles sévères de la personnalité tels que le trouble de personnalité histrionique ou narcissique.»

Source :
Dr Évens Villeneuve
Professeur agrégé Université Laval
Président du comité de l'admission au Programme de doctorat en médecine
Directeur adjoint du département universitaire de psychiatrie
Chef du Programme de traitement des Troubles sévères de personnalité, Institut universitaire en santé mentale Robert-Giffard

(Mars 2008)

DÉFINITION

Le trouble de personnalité limite (borderline) est un trouble psychiatrique chronique caractérisé par une impulsivité marquée, une instabilité de l'humeur et des relations interpersonnelles, ainsi que par des comportements suicidaires qui compliquent le traitement.

PARTICULARITÉ

  • La majorité des personnes qui en souffrent voient leur état s'améliorer avec les années.
  • Des résultats probants provenant d'études appuient l'efficacité d'un traitement combinant à la fois la psychothérapie et la psychopharmacologie.
  • Les idées et comportements suicidaires chroniques constituent le principal défi clinique.
  • Selon le DSM-IV-R, ces troubles sont définis par des caractéristiques de la personnalité:

  • qui sont mal adaptées;
  • qui débutent tôt dans la vie de la personne;
  • qui ont des effets constants et sérieux sur le fonctionnement de la personne.
  • ÉPIDÉMIOLOGIE du TPL

  • Encore peu d'études;
  • Prévalence du TPL de 1% (similaire à celle de la schizophrénie) (DSM-IV-R).
  • D'autres études rapportent des prévalences variant de 2% à jusqu'à 3% (prévalence en services psychiatriques de 10%).
  • Environ 80% des personnes recevant des traitements psychothérapeutiques pour le TPL sont des femmes;
  • Les différences entre les genres sont moins marquées dans les échantillons issus de la population.
  • TPL est associé à un niveau social défavorisé et à de faibles niveaux de scolarisation.
  • CAUSES : BIOLOGIQUES

  • Aucun facteur unique.
  • Les facteurs biologiques se traduisent à l'âge adulte par des traits de personnalité établis : façons de penser, affectivité et comportements qui caractérisent les individus et demeurent stables dans le temps.
  • Transmission génétique: compte pour environ 50% de la variabilité dans tous les traits de personnalité étudiés;
  • L'instabilité affective et l'impulsivité seraient transmises: études menées auprès de jumeaux de TPL ;
  • Famille: les troubles impulsifs (personnalité antisociale et l'abus de substances) très fréquents dans la famille des personnes souffrant du TPL.
  • Activité des neurotransmetteurs centraux: les traits impulsifs (composante majeure du TPL) sont associés à des déficits du fonctionnement du système central de la sérotonine.
  • CAUSES PSYCHOLOGIQUES

  • Les facteurs psychologiques n'ont pas démontré de consistance.
  • Le TPL se manifeste cliniquement vers l'âge de 18 ans.
  • Des situations difficiles fréquentes rencontrées: dysfonctions familiales, instabilité de l'humeur et symptômes d'impulsivité dans l' enfance;
  • Des études longitudinales sont requises afin de déterminer avec précision l'influence de ces facteurs de risques précoces.
  • Pour plusieurs personnes souffrant du TPL: fréquence élevée d'événements traumatiques et importante résilience consécutive aux traumatismes;
  • 33% des TPL rapportent des formes sévères d'abus;
  • 25% des TPL rapportent avoir subi des abus sexuels de la part de leurs parents ou tuteurs;
  • Bien que les abus soient clairement des facteurs de risque, ils ne sont pas spécifiques au TPL.
  • CAUSES SOCIALES

  • Elles sont suggérées par des évidences indirectes.
  • Il n'existe pas d'études transculturelles du TPL
  • Les tentatives de suicide récurrentes sont moins fréquentes dans les sociétés traditionnelles mais augmentent dans les sociétés modernes ainsi que dans celles qui connaissent des modifications rapides du style de vie.
  • CARACTÉRISTIQUES PRINCIPALES

  • Instabilité de l'humeur;
  • Difficulté à contrôler les impulsions;
  • Relations interpersonnelles instables.
  • DSM-IV: 5 des 9 critères suivants

  • Symptômes affectifs
  • Instabilité affective associée à une réactivité émotive importante;
  • Colère intense, inappropriée et difficile à contrôler;
  • Sensation de vide chronique;
  • Symptômes impulsifs
  • Comportements suicidaires répétitifs (gestes ou menaces) ou auto mutilation;
  • Impulsivité dangereuse dans au moins deux des domaines suivants: dépenses, sexe, drogue, alimentation, conduite automobile…
  • Relations interpersonnelles extrêmes fluctuant entre l'idéalisation et la dévalorisation;
  • Symptômes interpersonnels
  • Efforts considérables afin d'éviter les rejets réels ou imaginaires;
  • Perturbation de l'identité: image de soi instable;
  • Symptôme cognitif
  • Dissociation et méfiance importante en présence de stress.
  • Références

  • DSM-IV-R (Diagnosis and Statistical Manual of Mental Disorders, 4th edition, text revision)
  • Paris, Joel (2007).
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    Question 2 :
    Un premier psychiatre m'a diagnostiqué maniaco-dépressif et plus tard, un autre psychiatre m'a diagnostiqué comme ayant le trouble de personnalité limite. Qui dit vrai? Je ne suis pas la seule personne à qui c'est arrivé, car dans un groupe d'entraide, plusieurs personnes m'ont dit que cela leur est arrivé. Comment expliqueriez-vous cela?

    Réponse à la question 2 : _ Le diagnostic différentiel entre le trouble de personnalité limite et le trouble cyclothymique ou bipolaire de type 2 est particulièrement difficile à établir même pour un psychiatre averti et méticuleux dans sa cueillette d'information auprès du patient. La réponse peut aussi varier selon le point de vue du spécialiste qui aura parfois une lorgnette plutôt trouble de l'humeur versus une lorgnette plutôt trouble de personnalité. Ici j'aurais l'argument que c'est pour cela que les psychiatres ont la responsabilité de poser des diagnostics parce qu'ils sont ceux qui ont étudié ces subtilités le plus longtemps mais la science ne nous permet pas toujours d'être sans erreurs si les critères de diagnostic différentiel sont imparfaits... C'est parfois grâce à un suivi au long cours que le psychiatre et le patient font la part des choses mais il faut aussi se rappeler que la même personne peut avoir les deux problèmes...

    Les points suivants peuvent aider à distinguer les 2 problèmes:

  • le caractère réactionnel d'un état affectif négatif surtout de l'irritabilité ou de la colère face à un impair interpersonnel ou social suggère un trouble limite.
  • le "cycle" très rapide de la réponse émotionnelle du trouble limite qui peut osciller à l'intérieur d'une même journée en réaction à plusieurs événements qui le font passer par toutes sortes d'états émotifs fait aussi penser à un trouble limite.
  • en contrepartie, le trouble cyclothymique ou bipolaire oscille plus lentement entre l'euphorie ou l'irritabilité et la tristesse usuellement sur plusieurs jours. Il faut aussi pour le psychiatre, si le cycle semble plus rapide, éliminer un " état bipolaire mixte " ce qui complique les choses.
  • le patient avec trouble bipolaire a probablement des moments de stabilité affective où il fonctionne avec plus de sérénité alors que la personne avec trouble limite est souvent labile et dysphorique (mal dans sa peau, en réaction à autrui et soi-même, la plupart du temps).
  • Une question est soulevée par ce problème diagnostic car l'étiologie (la cause profonde) du trouble limite a probablement différentes origines, certaines sont reliées à une enfance difficile vécue avec abus ou négligence, certaines le sont par tempérament difficile qui est peut-être voisin des troubles affectifs tout en étant quelque peu différent. Les chercheurs se posent des questions à cet effet et la réponse n'est pas évidente d'où la difficulté diagnostique.
  • Sans que son efficacité constitue la confirmation d'un trouble cyclothymique, un stabilisateur de l'humeur (lithium, acide valproïque ou lamictal, antipsychotique atypique) rend parfois les patients avec trouble limite moins labiles.
  • Toutefois, les stabilisateurs de l'humeur doivent être prescrits dans un contexte sécuritaire : il vaut mieux s'assurer de la motivation du patient, de sa capacité à suivre le traitement sans qu'il risque de prendre une surdose toxique, de poser un geste suicidaire avec la prescription ou de carrément prendre le médicament de façon si erratique qu'il n'est pas efficace. C'est un enjeu que doivent discuter ensemble patient et psychiatre.
  • Source: Guide à l'usage de l'omnipraticien - Suzane Renaud, md, FABPN, Revue Le Clinicien, 01/1999
    Je crois que cela devrais clarifier un peu.

    Réponse de Suzane Renaud, md., Professeure agrégée de clinique, Faculté de médecine - Psychiatrie, du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) - Hôpital Saint-Luc en collaboration spéciale (novembre 2005)

    Voir aussi :

  • Trouble de personnalité borderline et troubles bipolaires : interface clinique et implications du double diagnostic _ Article de L. Biéler J.-M. Aubry A. Mc Quillan F. Ferrero G. Bertschy, Revue Médicale Suisse No -640
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    Question 3 :
    J'aimerais savoir si le trouble de personnalité limite (borderline) est considéré comme une maladie mentale.

    Réponse à la question 3 : _ Voir ci-dessous :

    Le « oui audacieux »

    Le « oui audacieux » se résume dans le syllogisme suivant. Le TPL figure dans le DSM. Le DSM traite des maladies mentales. Le TPL est donc une maladie mentale. Ce raisonnement, bien que d’apparence logique, nous apparaît aventureux et tendancieux, pour ne pas dire abusif.

    Si, a priori, il peut sembler logique de considérer le TPL comme une maladie mentale, car après tout, il figure dans le DSM, ce qui est bien vrai, il faut toutefois se souvenir que le DSM ne présente pas que des maladies mentales : il inclut aussi, par exemple, la déficience intellectuelle qui n’est certes pas une maladie mentale.

    Il faut savoir aussi qu’en anglais, un mental disorder n’est pas exactement la même chose qu’une « maladie mentale » en français. Par exemple, le « retard mental » ou « déficience intellectuelle », même si on sait qu’il ne s’agit pas d’une maladie mentale au sens strict, n’est manifestement pas une maladie… musculo-squelettique ! Le DSM nous parle de « troubles » bien plus que de « maladies », le mot anglais disorder n’étant pas forcément une « maladie » en français. Le choix qui s’offre à nous serait plutôt de déterminer s’il s’agit d’une « maladie mentale » ou tout simplement d’une « maladie ». Évidemment, s’il s’agit d’une maladie, elle est certainement plus « mentale » qu’autre chose. Ou alors, on peut carrément dire que ce n’est pas une maladie, mais un « état souffrant », toute souffrance n’étant pas une maladie ! Par exemple, un mal aux dents dû à une carie est sans aucun doute un état souffrant, mais personne, pas même un dentiste, n’appellerait une personne ayant une carie « un malade ». Quoi qu’il en soit, il s’agit quand même d’une condition qui requiert des soins de santé appropriés.

    Le « non pudique »

    Le « non pudique » pourrait se résumer comme suit. Le terme « maladie mentale » est malheureusement associé à un grand nombre de connotations péjoratives. Et si quelqu’un peut faire quelque chose pour les personnes ayant un TPL, c’est bien les psychologues et les psychiatres, des professionnels reconnus pour accompagner les clients qui éprouvent des difficultés soit dans leur comportement, leurs émotions, leurs pensées, ou encore une combinaison des trois. Dès lors, pour éviter de « condamner » les personnes souffrant d’un TPL, et pour éviter de les accabler davantage, on évacue pudiquement le terme de « maladie mentale » du vocabulaire, terme qui n’apporte que souffrance supplémentaire. On remplace alors ce terme par « état » ou « condition » ou tout autre synonyme emprunté à une certaine « rectitude psychologique ».

    Inclure le TPL dans les maladies mentales est propice à générer une montée d’angoisse chez le client qui se voit non seulement affublé d’un diagnostic de TPL, mais encore d’un diagnostic de maladie mentale !

    Si nous disposions d’arguments de poids pour établir une telle équation (TPL = maladie mentale), on pourrait tenter d’expliquer au client la chose telle qu’elle est, au nom de la vérité « scientifique ». Le fait est que ces arguments de poids n’existent pas.

    Comme le lecteur pourra s’en rendre compte, on peut trouver beaucoup d’arguments pour ou contre l’inclusion du TPL dans la maladie mentale. Cependant, ce qui devrait davantage préoccuper le clinicien, c’est la souffrance du client sur le plan psychique. On sait qu’un trouble de la personnalité (axe II du DSM) peut amener une souffrance semblable à celle d’une pathologie de l’axe I.

    Source : ARENSTEIN, Georges-Henri, M.P.s, psychologue, auteur du chapitre 4 : Le trouble de personnalité limite, une maladie mentale ou pas ? Un problème de définition et de diagnostic., du collectif d'auteurs «Trouble de personnalité limite et réadaption - Points de vue de différents acteurs» tome 1, publié aux Éditions Ressources, 2007, sous la direction de Robert LABROSSE et Claude LECLERC.

    Découvrez une autre réponse de Georges-Henri Arenstein, Psychologue, en cliquant ici :
  • http://www.psychomedia.qc.ca/vqr1656.htm
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    Question 4 :
    J'ai plusieurs questions : Comment distinguez-vous...
    4.1- ... un état limite d'une névrose? d'une psychose?
    4.2- ... le diagnostic différentiel par rapport à un état limite?

    Réponse à la question 4.1. : _ En posant cette question, vous ramenez le concept d'état limite à ses origines avant que les psychiatres américains tel John Gunderson ne parlent de trouble de personnalité limite défini selon la nomenclature du DSM-III en 1980. Il s'agit d'un terme psychanalytique où limite réfère à un état limite ou encore frontière entre la psychose et la névrose.

    Stern a inventé en 1938 le terme limite qui décrit une condition à mi-chemin entre la névrose et la psychose.

    Ce terme est repris par Kernberg (1975) qui écrit sur une pathologie du caractère (de la personnalité) et une pauvre modulation de la rage envers les objets (personnes), d'où le clivage subséquent avec polarisation des relations qui soit idéalise ou soit dévalorise la vision de la personne des autres. L'organisation limite est similaire à un état limite, terme utilisé par les psychanalystes français.

    On entend par psychose ou organisation psychotique de la personnalité un manque d'intégration du concept de soi et des autres, une identité mal définie, diffuse, une prédominance de défenses psychologiques primitives, installées très tôt et centrées autour du clivage et de la perte de réalité. Ces défenses séparent dans le psychisme de la personne les parties idéalisées qu'il a de lui-même et les parties persécutantes qu'il a en lui des relations avec les autres. La personne ne peut tolérer d'avoir des pensées agressives et doit projeter ses intentions sur les autres et se sentir persécuté par autrui.

    La névrose ou organisation névrotique de la personnalité se démarque par une identité de soi normale, avec la capacité d'avoir des relations d'objet (avec des personnes) approfondies, un moi qui peut tolérer une certaine anxiété, un contrôle adéquat des impulsions, la capacité de sublimer des conflits, de créer au travail et d'être capable d'amour sexuel et d'intimité émotionnelle mais qui n'est pas exempt de certains conflits dans ses relations avec les autres personnes significatives de son environnement intime.

    L'organisation limite de personnalité a la même identité diffuse et les mêmes types de défenses primitives dont le clivage, en plus d'un surmoi mal organisé que la personnalité psychotique mais elle a une bonne appréciation de la réalité. Typiquement il s'agit de la personnalité limite mais il peut aussi s'agir de personnalité schizoïde, schizotypique, paranoïde, narcissique ou antisociale. Ceci se manifeste surtout par une difficulté à bien définir son identité, à pouvoir établir des buts précis, consistants et réalistes face au travail ou sa vie, à distorsionner de façon significative les relations avec autrui surtout les relations intimes qui sont perçues de façon soit idéalisée (tout gentil, tout bon) ou dévalorisée (tout méchant ou agressant). Leur vie est donc chaotique, et la sexualité est problématique; soit très inhibée ou agressive ou en mal d'intégrer la tendresse et la sexualité normale dans une relation amoureuse. L'organisation limite de personnalité a aussi de la difficulté à tolérer l'anxiété, à contrôler ses impulsions face aux frustrations.

    Certaines personnes ne semblent pas avoir ces difficultés mais confrontées à des difficultés, elles semblent se désorganiser et commencent à fonctionner de façon régressée et peu fonctionnelle. Ces personnalités sont décrites de type cyclothymique, sadomasochiste, histrionique, ou dépendante.

    Réponse à la question 4.2. :_ Voir plus haut…

    Bref, il s'agit de concepts complexes qui intègrent la pensée de plusieurs auteurs psychanalytiques et des notions cliniques empreintes de jugement sur la façon de fonctionner des personnes évaluées. Le clinicien évalue alors les symptômes présentés, le niveau de fonctionnement, la capacité au travail et la qualité des relations intimes ainsi que les mécanismes de défense et la qualité des conflits psychiques exprimés.

    Référence : Kernberg O, 1996, A psychoanalytic theory of personality disorders, dans Major theories of personality disorders, eds. Clarkin JF, Lenzenweger MF, Guilford, New York Prep. 106-140.ss.

    Réponses de Suzane Renaud, md., Professeure agrégée de clinique, Faculté de médecine - Psychiatrie, du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) - Hôpital Saint-Luc en collaboration spéciale (avril 2006).

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    Question 5 :
    Est-ce que le trouble de personnalité limite est héréditaire?

    Réponse à la question 5 : _ La transmission génétique n'a pas été démontrée jusqu'à maintenant. Une vulnérabilité biologique, comme l'impulsivité ou l'émotivité accrues, existe chez certaines personnes, mais ce n'est qu'un des facteurs qui peut contribuer au développement du trouble.

    Source : Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean.

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    Question 6 :
    Pourquoi cela touche-t-il les gens?

    Réponse à la question 6 : _ Très brièvement nous pourrions dire que plusieurs facteurs associés contribuent au développement du trouble de personnalité limite : un tempérament hypersensible et impulsif, une plus grande vulnérabilité au stress, un environnement familial et social dysfonctionnel.

    Source : http://www.personnalitelimite.org/tpl1.html.

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    Question 7 :
    Y a-t-il plusieurs personnes qui sont aux prises avec le trouble de personnalité limite?

    Réponse à la question 7 : _ Le trouble de personnalité limite (borderline) affecte 1 à 2 % de la population générale (environ 15,000 personnes dans la ville de Québec) - prédominance chez la femme (75%). Certaines études révèlent que 10 % des consultants en psychiatrie (en externe) et 20% des patients hospitalisés en psychiatrie (en interne) sont aux prises avec le trouble de personnalité limite. 9 à 10% de ces personnes se suicident. 80% des personnes aux prises avec le trouble de personnalité limite feront des gestes parasuicidaires (dans l'intention de diminuer leur souffrance psychologique).

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    Question 8 :
    Je crois fermement que mon petit-fils a des troubles de la personnalité limite, il a 9 ans.Comment les parents peuvent consulter un médecin et où s'adresser s'ils n'ont pas les moyens de payer un psychologue... Les parents se sentent dépassés; ils n'y arrivent plus. Quelle est l'aide disponible?

    Réponse à la question 8 : _ Je comprends que le système de santé rend les démarches complexes. Cependant, la première démarche à faire, afin que l'enfant soit évaluer, est de consulter un médecin afin que celui-ci le réfère (si nécessaire) à un pédopsychiatre de la clinique externe du centre hospitalier de sa localité afin de subir un examen minutieux (toujours si cela est nécessaire).

    Comprenez qu'il faut être prudent avant de conclure à un diagnostic aussi sévère que le trouble de personnalité limite. Il existe d'autres hypothèses à envisager tel que le "trouble d'opposition" ou/et "d'hyperactivité", par exemples. Je ne connais pas la situation, aussi vous demeurez responsable de voir si ces informations s'appliquent à votre petit-fils ou non.

    Il est important de retenir que seul le pédopsychiatre a la compétence pour évaluer la nature des difficultés de votre petit-fils.

    Voici quelques liens utiles à ce propos :

  • http://www.aei.ca/~claudej/opposition.html
  • http://www.psychomedia.qc.ca/qfr55.htm
  • Enfin, je crois qu'il serait utile pour les parents qu'ils demandent le soutien et l'accompagnement d'un organismes qui viennent en aide aux familles. Je vous invite à consulter le répertoire des ressources suivant :

  • http://www.personnalitelimite.org/guidefamille3.html
  • Je tiens à rappeler que l'information contenue dans ces références et dans le site de www.personnalitelimite.org ne constitue en rien le substitut d'un avis médical ou psychologique. Pour obtenir de l'aide, veuillez consulter votre médecin ou un professionnel de la santé accrédité par un ordre professionnel (cf. adresses données dans notre site). En aucun cas, ces informations ne peuvent se substituer à un travail avec un thérapeute de votre choix, notre intervention restant informative. L'information mise à disposition sur le site vise donc à soutenir et non à remplacer la relation entre un patient et son médecin.

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    Question 9 :
    Est-ce qu'une personne aux prises avec un trouble de personnalité borderline peut espérer
    acquérir de la stabilité sur le marché du travail et sur le plan conjugal?

    Réponse à la question 9 : _ Voici ce qu'en disent certains acteurs du domaine de la santé :

    Les troubles de la personnalité ont un effet majeur sur leur environnement. Ses modes de comportement fixes rendent difficile l'adaptation à diverses situations. Les autres doivent alors s'adapter. Cela crée une grande tension dans les relations familiales, avec les amis proches et dans le lieu de travail. En même temps, lorsque les autres ne s'adaptent pas, la personne atteinte du trouble de la personnalité peut se mettre en colère, être frustrée, déprimée, ou se retirer (avoir du mauvais rendement au travail). Cela l'engage à un cercle vicieux d'interaction qui l'amène à persister dans son comportement mésadapté jusqu'à ce que ses besoins soient satisfaits. (Selon l'Agence de santé publique du Canada)

    Chez la personnalité borderline, on observe souvent une plus grande stabilité dans les relations et le travail dans la quatrième et la cinquième décennies (selon Hélène Lebel et Richard Paquette Psychologues, M.A. PsychoMédia Senc).

    Les difficultés du TPL évoluent durant plusieurs années et affectent le fonctionnement général. La symptômatologie comportementale semble s'atténuer avec la maturité tandis que les difficultés relationnelles, et souvent au travail, persistent. L'instabilité est substantielle. Seulement la moitié des patients porteurs de TPL, parfois après de longs suivis, est capable d'occuper un emploi à plein temps et d'établir une relation conjugale stable. (Skodol & al., 2002) Pour en savoir davantage, cliquez ici.

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    Question 10 :
    Je ne me reconnais pas ou je ne reconnais pas mes proches dans vos réponses, pourquoi?

    Réponse à la question 10 : _ Il est important d'en prendre et en laisser. Les réponses aux questions que vous retrouverez sur le site ne concerne pas votre vie personnelle; seul un professionnel qui vous suit régulièrement peut répondre aux questions qui concernent votre situation. Il faut faire la différence entre les réponses qui concernent un bassin de personnes de celles qui concernent une personne en particulier; encore là les réponses sont imprécises parce que nous ne connaissons pas la réelle situation de la personne concernée. Il faut enfin considérer le "cas par cas".

    Il serait aussi important de se poser comme question : "Avez-vous personnellement - en partie ou en totalité ou / et uniquement - les critères correspondant au trouble de personnalité limite ?" Sinon, il est normale que vous ne vous retrouviez pas - en partie ou en totalité - dans les réponses présentées, et que cela ne vous concernent pas.

    C'est pourquoi il est préférable de poser des questions à un psychiatre, un psychologue, un médecin qui vous suit régulièrement - qui vous connait personnellement - plutôt que de chercher des réponses sur Internet qui ne sont pas adaptées à votre situation.

    Tel que précisé et recommandé sur le site de Personnalité_Limite.Org :

    L'information contenue dans ce site ne constitue en rien le substitut d'un avis médical ou psychologique. Pour obtenir de l'aide, veuillez consulter votre médecin ou un professionnel de la santé accrédité par un ordre professionnel (cf. adresses données dans notre site). En aucun cas, ces informations ne peuvent se substituer à un travail avec un thérapeute de votre choix, notre intervention restant informative.

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    Question 11 :
    Peut-on espérer un "rétablissement", une amélioration de la qualité de vie?

    Réponse à la question 11 : _ Des études cliniques mettent en évidence une amélioration considérable des personnes aux prises avec le trouble de personnalité limite après 15 - 20 ans d'instabilité* ou avant si la thérapie est efficace. Le taux de maintien en thérapie est de 80% en clinique spécialisée et autour de 50% dans les cliniques non spécilialisées. Voir la liste des établissements, que nous avons identifiés à ce jour, qui offrent des traitements pour le trouble de personnalité limite au lien suivant : http://www.personnalitelimite.org/etablissement.html

    (N'hésitez-pas à en discuter avec votre médecin et/ou votre psychiatre).

    * Stabilité : pour 70%, il y a diminution importante de l'impulsivité et de l'hypersensibilité au stress, adaptation plus grande et ajustée, perception plus nuancée de soi et des autres.

    Source : Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean.

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    Question 12 :
    Les troubles de la personnalité peuvent-ils se résoudre dans une thérapie à court terme?

    Réponse à la question 12 : _ Découvrez le dossier de PsychoMédia qui répond à cette question, en cliquant ici : http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=FAQ.

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    Question 13 :
    Le trouble de personnalité narcissique hypervigilant, ça signifie quoi au juste?

    Réponse à la question 13 : _ Cela signifie que cette personne :

    1. Est très sensible aux réactions des autres.
    2. Est inhibée, gênée ou même tend à passer inaperçue.
    3. Dirige son attention plus vers les autres qu'envers elle-même.
    4. N'aime pas être au centre de l'attention.
    5. Écoute les autres avec grande attention pour déceler la moindre évidence de reproches ou de critiques.
    6. Se sent blessée facilement, honteuse, humiliée.
    Source : Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean

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    Question 14 :
    Est-ce que vous êtes capable de trouver des études faisant état de l'utilisation d'électrochocs (ECT) pour le traitement de personnalité limite?

    Réponse à la question 14 : _ Dans les "Lignes directrices sur le traitement du trouble de personnalité limite" de l'Association Américaine de Psychiatrie , association qui collige toutes les études valables dans tel ou tel domaine, exprime très clairement qu'il n'existe aucune évidence de l'efficacité des ECT dans ce trouble. Nous n'utilisons pas cette modalité pour les troubles de personnalité. S'il s'avérait qu'une personne présentait en plus une dépression psychotique ou mélancolique résistante à d'autres formes de traitement, ces troubles sont si sévères et les ECT sont sécuritaires et efficaces dans ces cas. Alors nous l'utiliserions. J'espère que ces info vous aideront. _ EV

    Source de l'information : Dr Evens Villeneuve, psychiatre, expert dans le traitement des troubles sévères de personnalité (limite, histrionique, narcissique et schizotypique), responsable du Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean du Centre hospitalier Robert-Giffard, affilié à l'Université Laval (Québec).

    L'aide-mémoire sur les électrochocs (format PDF) de l'AGIDD-SMQ (Association des groupes d'intervention en défense de droits en santé mentale du Québec) espère outiller les personnes vivant un problème de santé mentale à faire respecter leurs droits concernant les électrochocs. Une foule d'informations sur ce «traitement» y sont donc disponibles. Ce document est accessible à partir du site Personnalité_Limite.Org en cliquant ici : http://www.personnalitelimite.org/electrochoc.pdf

    Vous devrez avoir une version récente du logiciel Adobe Acrobat Reader™. Vous pouvez télécharger la dernière version disponible gratuitement, en cliquant ici.

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    Question 15 :
    Face aux idées suicidaires d'une personne en détresse, comment aider, quoi dire?

    Réponse à la question 15 : _ Je vous invite à prendre connaissance des liens suivants :

  • Que faire ?
    http://www.cpsquebec.ca/fr/intervention/index.htm
  • Éléments essentiels de l'intervention avec une personne suicidaire
    http://www.cpsquebec.ca/fr/intervention/elements.htm
  • Mythes et tabous sur la problématique suicidaire
    http://www.cpsquebec.ca/fr/questions/index.htm
  • (Source : Centre de prévention du suicide de Québec)

    Liens connexes (ressources) :
    http://www.teluq.uquebec.ca/desssm/chroniques/ressources/suicide.htm

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    Question 16 :
    Après avoir fait un test sur Internet, je suis convaincu d'avoir le trouble de personnalité limite, cependant mon psychiatre qui me suit depuis quelques temps prétend le contraire. Est-il incompétent?

    Réponse à la question 16 : _ Le fait de chercher à s'auto-diagnostiquer à partir de tests éventuels proposés sur Internet pour tenter d'identifier un mal psychique quelconque, notamment le trouble de personnalité limite, est particulièrement hasardeux. La plupart des sites se voulant médicaux ou psychologiques sont commerciaux ou charlatanesques ; leur principal objectif est d'exploiter la crédulité ou la détresse de leurs visiteurs. Il est important que le diagnostic soit effectué par le psychiatre ou le psychologue vers lequel vous aura orienté le médecin traitant ; avec eux, vous serez un patient ou un demandeur d'aide, en aucun cas un client. L'important, c'est la relation de confiance que vous instaurerez avec le professionnel de la santé durant l'exposé de votre situation comme pendant le suivi qui en découlera peut-être. Si votre psychiatre ne décèle pas le trouble de la personnalité limite, cela devrait vous rassurer ; s'il le décèle, il vous dira ce qu'il convient de faire. En cas de doute, vous pouvez toujours solliciter l'avis d'un autre spécialiste.

    Il faut aussi comprendre que la personnalité est difficile à évaluer sur le seul entretien d'entrée en clinique ou en consultation privé (surtout chez un patient déprimé); les résultats sont donc à considérer avec prudence. Nous ne pouvons que vous encourager à approfondir le dialogue avec votre psychiatre.

    Voir aussi le dossier de Psychothérapie Vigilance : http://www.psyvig.com/default_page.php?menu=35&page=8

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    Question 17 :
    Je remarque que votre site comme plusieurs autres sites affichent le logo HONcode. Peut-on conclure que dès qu'un site affiche ce logo cela veut signifier qu'on y retrouve uniquement des informations médicales et de santé qui soient précises avec preuve scientifique valide et que c'est un site de qualité?

    Réponse à la question 17 : _ Le HONcode, tel que mentionné dans leur charte, n'est pas un système de récompense, il n'évalue pas la qualité des informations fournies par un site Web. Il définit seulement un ensemble de règles, entre autres l'obligation à la transparence opérationnelle afin que les visiteurs puissent disposer de tous les éléments leur permettant de savoir s'ils peuvent faire confiance à l'information proposée ou pas.

    Vous pouvez vérifier par vous-même en consultant la politique ou les garanties offertes par le fournisseur du sceau au lien suivant : Charte de "Health On the Net" (HONcode) destinée aux sites Web médicaux et de santé

    Certains sites affichant le HONcode diffusent des informations médicales ou psychologiques fantaisistes, imprécises, dangereuses, voire même sujettes à la polémique. Des psychothérapeutes ou psychanalystes autoproclamés y incluent des tests de diagnostic non reconnus et délibérément orientés vers une seule hypothèse (conflit d'intérêt). Ces pseudo-thérapeutes guère soucieux de la déontologie participent à des actes discriminatoires par Internet (atteinte aux droits de la personne).

    Aussi, de concert avec le HONcode en reprenant textuellement leur recommandation, nous ne saurions trop recommander aux internautes de faire preuve de la plus extrême prudence. Le HONcode n'offre aucune garantie médicale ou psychologique. Le recours au médecin traitant doit rester la priorité des priorités.

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    Question 18 :
    Pouvez-vous m'aider à trouver un psy?

    Réponse à la question 18 : _ Après avoir pris conseil de Psychotherapie.Vigilance, Personnalité_Limite.Org (TPL en Projection International) a choisi de ne pas recommander nommément quelque psychothérapeute que ce soit. Les visiteurs sont invités à s'adresser en priorité à des médecins, des psychiatres, des psychologues cliniciens. Parmi ces professionnels qualifiés, certains se revendiquent aussi comme psychothérapeutes. En cas de besoin, on peut se tourner de façon privilégiée vers ces derniers sans jamais oublier de faire preuve du discernement qui s'impose. Les méthodes mises en œuvre doivent être clairement identifiées. En cas de doute, le patient ou demandeur de soins ne doit pas hésiter à demander l'avis d'un organisme reconnu, comme par exemples :

    CANADA
    :: Association des médecins psychiatres du Québec
    :: Association des psychiatres du Canada
    :: Ordre professionnel des psychologues du Québec
    EUROPE
    :: Association Française de Psychiatrie
    :: Association Française des Psychiatres d'Exercice Privé
    :: Association Fribourgeoise des Psychologues et Psychologues-Psychothérapeutes
    :: Association Genevoise des Psychologues et Psychologues-psychothérapeutes
    :: Association Neuchâteloise des Psychologues et Psychologues-Psychothérapeutes
    :: Coordination Nationale des Médecins Généralistes en Psychiatrie
    :: Fédération Belge des Psychologues
    :: Fédération Européenne des Associations de Psychologues
    :: Fédération Européenne des Associations de Psychologues
    :: Fédération Française de Psychiatrie
    :: Fédération Suisse des Psychologues
    :: Psychologues.fr (Annuaire des Psychologues de France)
    :: Réseau National des Psychologues
    USA
    :: American Psychiatric Association
    :: American Psychological Association

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    Question 19 :
    Comment choisir le psychothérapeute une fois que j'ai identifié quelques ressources?

    Réponse à la question 19 : _ Voici quelques pistes :

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    Question 20 :
    Thérapie par Internet ou en face à face?

    Réponse à la question 20 : _ Consultez la chronique à ce propos au lien suivant :

  • http://www.personnalitelimite.org/bulletininitiative_aout2006.html#e
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    Question 21 :
    Est-ce que les traitements de psychothérapie sont couvert par la Sécurité Sociale (Assurance Maladie), en France?

    Réponse à la question 21 : _ En France, les psychothérapies prescrites par un médecin, et menées par un psychiatre ou un psychologue, sont remboursées en partie par la Sécurité Sociale, le complément étant pris en charge par les Mutuelles. Concernant les psychologues, quand ils exercent en CMP (Centre Médico-Psychologique) , en dispensaire, ou à l'hôpital, on n'a rien à débourser. D'autre part, en France, les troubles de la personnalité graves font partie de la liste des 30 affections de longue durée (ALD 30) prises en charge à 100 % par la Sécurité Sociale (PDF).

    Pour en savoir plus ou/et pour participer à une discussion à ce propos, je vous propose le forum suivant : SantéPsy sur le site Atoute.org

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    Question 22 :
    Je me sens brimé dans mes droits ayant de la difficulté à accéder à des soins de qualité, que puis-je faire?

    Réponse à la question 22 : _ Il est important de prendre connaissance des droits en santé mentale. Je vous invite donc à vous diriger vers le lien suivant qui vous permettra par la même occasion d'identifier des ressources auxquelles vous pourrez vous adresser :

  • http://www.personnalitelimite.org/droitsantementale.html
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    Question 23 :
    Pourriez-vous me donner quelques pistes pour démarrer un groupe d'entraide?

    Réponse à la question 23 : _ CAP Santé Outaouais publie un Guide d'accompagnement pour les groupes d'entraide que vous pouvez commander à partir du lien suivant :

  • http://www.capsante-outaouais.org/ressources/publications/accompagnement.htm
  • Une partie de ce guide est disponible sur le site de CAP Santé Outaouais, à partir du lien suivant :

  • http://www.capsante-outaouais.org/ressources/publications/accompagne-web/accompagne-web.html
  • Il faut retenir que l'entraide c'est gratuit, c'est sous une forme de bénévolat, que ce n'est pas (et ne remplace pas) une thérapie de groupe, que c'est imparfait mais, cela permet de briser l'isolement, de partager des expériences et de l'information, de faire des apprentissages et plus encore.

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    Question 24 :
    À propos des groupes de soutien sur Internet et de canal de discussion en ligne (chat), que faut-il savoir?

    Réponse à la question 24 :

    _ À propos des groupes de soutien sur Internet :

    Il existe différents forums sur Internet, dont certains sont publics, non modérés (à risque), d'autres sont publics et modérés, d'autres encore (moins accessibles) sont privés.

    En utilisant un pseudonyme, il est préférable de se diriger vers un forum de discussion public et modéré qui mise sur la transparence (public), le respect d'un code d'éthique (modération) et la gratuité de l'entraide "entre pairs" (accessible).

    La présence d'aidants bénévoles atteints eux-mêmes d'un trouble de santé mentale permet le dialogue et le partage des connaissances à partir d'expériences personnelles dans une relation d'égal à égal et d'adulte à adulte. Grâce à la transparence des forums publics, le partage des expériences de tous et chacun peut en aider plus d'un; même les lecteurs (incluant les proches de personne aux prises avec des problèmes reliés à la santé mentale) peuvent y trouver leur compte en comprenant davantage ce qui est vécu par une personne en cheminement.

    Il existe un excellent modèle de groupe de soutien sur Internet, et je vous le recommande. Il s'agit du forum suivant :

    Santé-Psy : http://www.atoute.org/n/forum/forumdisplay.php?f=9
    Ce forum traite de santé psychique et de santé mentale.
    Charte À Lire Avant De Poster
    Informations légales

    Les échanges, davantage réalisés "pour et par" les utilisateurs de services, font ressortir les compétences de tous et chacun; cela favorise ainsi l'appropriation du pouvoir (empowerment) de tous les participants. L'administrateur, et responsable du site, est un médecin et tente d'être le plus discret possible, afin d'éviter que le débat tourne à la demande d'avis personnalisés; il s'efface derrière des modérateurs ou animateurs touchés par le problème traité. Les modératrices Pandore, Aloes et Winnie, que je qualifie de "pairs aidants bénévoles en ligne" (Online patient-helpers) font un remarquable travail d'animation et de gestion. La formule est excellente !

    Pour ce qui est de l'anonymat, le Dr Dupagne, administrateur du site Atoute.org, précise que c'est une condition importante pour l'éthique d'un forum : c'est une protection contre les dérives publicitaires. Quand un forum est modéré par un professionnel ou un président d'association, que ce forum soit privé ou public il y a un risque de racolage vers l'activité de ce professionnel ou de cette association (à adhésion payante). Le Dr Dupagne s'est protégé personnellement de ce risque en refusant de voir tout nouveau patient depuis la création de ce site.

    Dans le cas où vous recherchez du soutien par Internet, l'équipe de "Santé Psy" du site Atoute.org vous invite à participer aux discussions en lien avec ce qui vous préoccupe et ce, dans la gratuité de l'entraide !

    _ À propos de canal de discussion en ligne (chat), je vous recommande :

    PsychoMédia : http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=News&file=article&sid=4461
    Mentionnons que ce service ne sert pas à annoncer des sites web ni à se défouler.
    PsychoMédia n'organise jamais de rencontres en réel entre les usagers.
    Conditions d'utilisation

    Robert Labrosse


    Bibliographie proposé par le Dr Dupagne (05/2005) :
    1. Online patient-helpers and physicians working together: a new partnership for high quality health care.
      BMJ. 2000 Nov 4;321(7269):1129-32. Review.
    2. The impact of the Internet on cancer outcomes.
      CA Cancer J Clin. 2003 Nov-Dec;53(6):356-71.
    3. On the "proper use" of the Internet: self-help medical information and on-line health care.
      J Health Soc Policy. 2001;14(1):37-60. Review.
    4. Direct-to-consumer advertising: physicians' views of its effects on quality of care and the doctor-patient relationship.
      J Am Board Fam Pract. 2003 Nov-Dec;16(6):513-24.
    5. Self-help and consultation via Internet. Self-responsible users redefine the physician-patient relationship.
      Med Klin (Munich). 2004 May 15;99(5):263-8. Review. German.

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    Question 25 :
    Comment m'abonner gratuitement au Bulletin mensuel "L'initiative" de Personnalité_Limite.Org afin de le recevoir par courriel?

    Réponse à la question 25 : _ Conformément aux dispositions de l'article 34 de la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des informations qui vous concernent.

    Pour vous abonner ou pour annuler votre abonnement au Bulletin mensuel "L'initiative", ou pour soumettre des suggestions, des commentaires et des questions, il suffit de nous écrire par courriel à : bulletin_initiative@hotmail.com

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    Question 26 :
    Où peut-on se procurer le livre « Trouble de personnalité limite et réadaptation - Points de vue de différents acteurs »?

    Réponse à la question 26 : _ Le premier tome du livre « Trouble de personnalité limite et réadaptation - Points de vie de différents auteurs », un collectif de 32 auteurs sous la direction de Robert Labrosse et Claude Leclerc, aux Éditions Ressources, est disponible au Québec, depuis le 16 avril 2007, dans les librairies indépendantes ainsi que dans les succursales de Renau-Bray. Vous pouvez également le commander par Internet chez Renau-Bray en visitant leur site en cliquant ici !.
    Cette publication sera également disponible en Europe à compter de septembre 2007.

    J'en profites pour souligner que la parution du tome est prévue pour le printemps 2008.

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    Question 27 :
    Quelle est la différence entre le trouble déficitaire de l'attention et la personnalité limite?

    Réponse à la question 27 : _ Le trouble déficitaire de l'attention est un problème d'attention émergeant durant l'enfance (avant l'âge de 7 ans), souvent doublé d'un problème d'hyperactivité qui cause des difficultés à l'apprentissage en classe et dans l'organisation de la vie de tous les jours par manque d'attention suffisamment soutenue et beaucoup de gigotement. Cette inattention entraîne parfois aussi des difficultés relationnelles du fait de la distraction et de l'impulsivité de l'enfant ou de l'adolescent. Il est transmis héréditairement.

    Le trouble disparait dans une proportion des cas lorsque l'adulte mûrit ou apprend à gérer son problème avec stratégie. Dans une autre proprotion, il connaît des échecs au travail ou des relations interpersonnelles problématiques, des complications d'abus de substance, de trouble de l'humeur ou de l'anxiété. Au pire, il se présente comme un trouble de personnalité antisociale consommant abusivement des drogues. C'est un problème neurocognitif qui a une bonne réponse aux médicaments stimulants tel le méthylphénidate ou les amphétamines ou autres molécules plus récemment mises sur le marché.

    En contrepartie, si le trouble de personnalité limite a aussi des racines dans l'enfance suite à une tempérament irritable ou une labilité affective hérités ou causés par une enfance difficile, il a pour résultat à l'âge adulte un fonctionnement problématique dans les sphères du travail et interpersonnelles intimes avec une identité mal définie, des humeurs négatives peu contenues, une impulsivité destructrice par exemple dans l'abus de drogues ou l'automutilation.Ces difficultés émergent habituellement durant l'adolescence ou le début de l'âge adulte et peuvent entrainer plusieurs maladies psychiatriques dont également des troubles de l'humeur, de l'anxiété ou des relations interpersonnelles problématiques mais aussi des troubles alimentaires, des plaintes psychosomatiques etc...Un traitement ou le processus de mûrissement peuvent atténuer grandement les symptômes les plus saillants comme les tentatives suicidaires ou les crises de nerf destructrices mais quelques aspects du caractère peuvent continuer à rendre la vie difficile aux porteurs du trouble.On reconnait que certains patients avec le trouble de personnalité limite ont aussi des difficultés cognitives comme entre autres un trouble de l'attention. Par contre, les patients atteints de trouble limite préfèrent habituellement les calmants. Cependant les médicaments n'aident qu'en partie car c'est surtout la psychothérapie qui traite le mieux le trouble.

    J'espère que cela sera assez clair...

    Réponse de Suzane Renaud, Médecin Psychiatre, Professeure agrégée de clinique, Faculté de médecine - Psychiatrie, du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) - Hôpital Saint-Luc en collaboration spéciale (mai 2007)

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    Question 28 :
    Il y a des individus qui disent que les personnes aux prises avec le TPL sont des manipulateurs, d'autres disent le contraire. Qui devons-nous croire?

    Réponse à la question 28 : _ « Il faut comprendre qu’au trouble de personnalité limite est associé un grand mythe, très présent dans les milieux psychiatriques : celui de la manipulation. Bien que les chapitres 5 et 12 du collectif d'auteurs "Trouble de personnalité limite et réadaptation - Points de vue de différents acteurs" publié aux Éditions Ressources, clarifient ce sujet, il convient de mentionner que la manipulation n’est pas une caractéristique spécifique au TPL ni un critère qui permet de diagnostiquer ce trouble (voir chapitre 2). Pourtant, dans plusieurs milieux, on appréhende automatiquement de la manipulation lorsqu’on offre des services à une personne souffrant de TPL. La manipulation est présente partout et n’est pas réservée qu’aux personnes avec un TPL. Nous en faisons tous usage, à un moment de notre vie. Lorsque l’on postule un nouvel emploi, on s’efforce de se montrer sous son meilleur visage, on dissimule certaines informations, on essaie de « vendre » sa candidature le mieux possible. Et si vous sentiez que votre intégrité est menacée, ou encore pire, celle de la personne que vous aimez le plus, n’utiliseriez vous pas toutes les stratégies possibles pour assurer sa survie ou pour la soustraire aux sévices possibles ? La manipulation est pour certaines personnes une habitude profondément ancrée et pour d’autres, une stratégie visant à se protéger d’un danger. Mais ce n’est vraiment pas une caractéristique associée spécifiquement au TPL. Comme le mentionne Michel Gagnon au chapitre 12, l'idée de manipulation est davantage dans la tête de ceux qui sont témoins de ces comportements que chez la personne qui les vit. »

    Réponse à partir d'un extrait de l'introduction de Claude Leclerc, inf. Ph.D., Professeur Chercheur, Département des sciences infirmières, Directeur du Laboratoire de recherche sur le Caring, Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Chercheur associé au Centre de recherche Fernand-Séguin de Montréal, Codirecteur littéraire de l'oeuvre collective mentionnée ci-dessus.


    Question 29 :
    Depuis combien de temps, selon vous, parle-t-on des pathologies limites que nous connaissons sous l'appellation Trouble de la personnalité borderline? Depuis 20 ans? 50 ans? ou davantage?

    Réponse à la question 29 : _ HISTORIQUE : Les états-limites, états intermédiaires ou encore pathologies limites, furent d'abord décrits par la psychiatrie, qui emploie cette catégorie dès 1884. À ce temps là, il s'agit de décrire des troubles mentaux qui ne relèvent ni de la névrose ni de la psychose, mais se situent à la frontière.

    En psychanalyse, Sigmund Freud propose dans Analyse avec fin et analyse sans fin (1937) l'idée que tout névrosé possède un Moi en partie psychotique. D'autres auteurs développent l'idée de facteurs schizoïdes actifs dans de nombreuses pathologies.

    En 1945, Otto Fenichel approuve cette notion en montrant la présence de troubles de nature psychotique dans d'autres troubles que la psychose elle-même.

    Otto F. Kernberg proposera le terme d'organisation limite.

    Harold Searles considère que, chez les patients borderline, le moi fonctionne sur un mode autistique.

    Jean Bergeret, en 1970, suggère un rapprochement entre les pathologies limites et la mélancolie.

    Source : Wikipédia - Encyclopédie libre (Note : La section de ce site doit être recyclé. Une réorganisation et une clarification du contenu est nécessaire).


    Question 30 :
    Pourquoi le trouble de personnalité limite (TPL) atteint-il généralement plus les femmes voire les adolescentes que les hommes?

    Réponse à la question 30 : _ Le trouble de personnalité limite affecte probablement autant les hommes que les femmes dans la population générale et une étude récente évoquait même que le taux de prévalence chez les hommes est supérieur aux femmes. Par contre, il y a plus de femmes à peu près 75% versus 25% d'hommes envers lesquels on a posé un diagnostic de trouble de personnalité limite qui consultent ou recherchent de l'aide auprès des services de santé physique ou psychiatrique. On constate donc un peu un effet saucisse Hygrade; parce que les psychiatres sont habitués à poser ce diagnostic chez des femmes, il le font mais ils peuvent moins bien reconnaitre le trouble chez des hommes.

    Les hommes ont aussi tendance à exprimer leurs malaises psychologiques par des gestes souvent dans la violence et l'abus de drogue ce qui fait qu'on pense alors plus à un trouble de personnalité antisociale et qu'on les retrouve en prison. Alors que les femmes ont plus de facilité à rechercher des services en santé mentale et on les retrouve plus en clinique de psychiatrie. Réponse un peu simpliste mais c'est à peu près ça!

    Réponse de Suzane Renaud, Médecin Psychiatre, Institut Douglas (Montréal) en collaboration spéciale (juillet 2008).


    Question 31 :
    Pourquoi le TPL ne touche que au "moi" et non au "sur-moi" et "l'inconcient"?

    Réponse à la question 31 : _ Question questionnable ! Il s'agit ici d'une affirmation dont on doit connaitre la source et le contexte dans lesquels un auteur s'est exprimé. Je crois que le mode organisationnel psychique du TPL affecte aussi les fonctions exécutives donc du surmoi et font foi d'une autocritique exagérée avec des imago parentales primitives qui sont internalisées et que l'inconscient fait ici référence à la manière procédurale de fonctionner avec des agirs plus ou moins conscients. Bref, tout dépend comment on veut formuler les choses et je réfute l'affirmation!

    Réponse de Suzane Renaud, Médecin Psychiatre, Institut Douglas (Montréal) en collaboration spéciale (juillet 2008).


    Les réponses publiées par l'Association québécoise de l'organisation limite de la personnalité (AQOLP), sur le site www.personnalitelimite.org, n'engagent que leurs auteurs et demeurent leur propriété. N'hésitez pas à nous écrire si vous avez d'autres questions qui ne paraissent pas dans cette rubrique : aqolp@hotmail.com.


    Voir aussi les questions / réponses de la rencontre d'information sur "Les troubles de personnalité borderline" qui fut animée par la Docteure Lynn Gaudreault, psychiatre, Département de psychiatrie, CHUS, Professeur agrégée, Université de Sherbrooke, au lien suivant :

    http://www.personnalitelimite.org/guidefamille4.html

    CAPSULE D'INFORMATION

    Le trouble de personnalité limite

    Le trouble de personnalité limite est de plus en plus fréquent dans la population en général et il est souvent mal identifié, ce qui a un impact important chez les gens qui en sont affectés. La détresse émotionnelle et les difficultés comportementales associées à ce trouble ont, de plus, des répercussions importantes sur les proches et les amènent à vivre une variété d'émotions souvent intenses: découragement, impuissance, colère, angoisse, peur, etc.

    Qu'est-ce que le trouble de personnalité limite?

    Le trouble de personnalité limite se caractérise par une instabilité des émotions, du comportement, de l'image de soi et par des difficultés majeures dans les relations avec l'entourage. Le trouble apparaît à l'adolescence ou au début de l'âge adulte et il peut persister au-delà de la quarantaine. Les personnes atteintes sont moralement souffrantes, elles ont souvent peu d'espoir de s'en sortir, ce qui se reflète par des préoccupations suicidaires fréquentes. Le trouble de personnalité limite affecte 1 à 2 % de la population générale.

    Comment le reconnaître?

    On reconnaît le trouble de personnalité limite par une humeur qui peut changer très rapidement et de façon imprévisible, en lien avec des stresseurs mineurs; l'état émotionnel peut alors passer d'une bonne humeur à une humeur irritable ou triste.Les personnes ont du mal à supporter la solitude. Elles ressentent fréquemment de l'ennui ainsi qu'un grand vide intérieur.

    On peut également noter chez elles un manque de contrôle de la colère. Ce manque de contrôle peut s'exprimer par de l'irritabilité, des accès de colère ou de la rage.

    L'intolérance à la douleur émotionnelle amène ces personnes à adopter des comportements destructeurs. Elles peuvent consommer de l'alcool, des drogues ou des médicaments de façon excessive, s'engager dans des dépenses majeures et inconsidérées, consommer des aliments de façon excessive, commettre des vols, avoir des comportements sexuels à risque ou conduire une automobile de façon dangereuse. Elles peuvent aussi s'infliger des blessures, exprimer des idées suicidaires ou faire des tentatives de suicide. Malheureusement, plusieurs de ces personnes se suicident.

    Les personnes qui ont un trouble de personnalité limite éprouvent une grande difficulté à se décrire. L'image qu'elles ont d'elles-même est fluctuante et il leur est difficile de se projeter dans le futur. Leurs relations interpersonnelles sont souvent intenses, chaotiques et marquées par des conflits importants, ce qui entraîne souvent des sentiments de rejet et d'abandon. Elles réagissent à ces conflits par du retrait, des revendications, des comportements destructeurs ou de la rage. Certaines peuvent parfois présenter des pertes brèves de contact avec elles-mêmes ou avec la réalité.

    Peut-on espérer une amélioration chez ces personnes ?

    Des études cliniques démontrent une amélioration significative de l'état des personnes qui ont un trouble de personnalité limite après 15 à 20 ans d'instabilité mais, bien avant, si ces dernières ont bénéficié d'une thérapie active; d'où l'importance d'un dépistage précoce et d'un traitement adéquat. Cependant, il peut arriver que certains symptômes réapparaissent temporairement si la personne vit des événements difficiles tels une rupture, un deuil, un échec important, etc.

    Est-ce qu'il y a un traitement?

    Il y a différents types de psychothérapies dont certaines ont démontré une bonne efficacité. Dans certains cas, un traitement médicamenteux sera utile pour contrôler certains symptômes, améliorer les capacités fonctionnelles et optimiser les effets de la psychothérapie.

    On peut aussi envisager l'hospitalisation lors d'une période de crise suicidaire intense. Toutefois, l'expérience démontre qu'une hospitalisation brève est préférable, alors qu'une hospitalisation plus longue renforce le sentiment d'incompétence à surmonter les difficultés.

    Quelles sont les attitudes à privilégier pour la famille de ces personnes qui ont un trouble de personnalité limite?

    En tout temps, il est conseillé de maintenir une attitude d'adulte à adulte avec elles. Il est important que les attentes et les limites soient claires, constantes, prévisibles et justifiables. (Prévisibilité et constance)

    De plus, il est essentiel de responsabiliser ces personnes, en les laissant prendre leurs décisions et entreprendre elles-mêmes leurs démarches. On doit également les encourager à persister dans la poursuite de leurs buts et de leurs objectifs. (Responsabilisation)

    De la même façon, il est important de reconnaître les compétences et les efforts de ces personnes et de les soutenir de façon constante dans leurs actions. (Validation, support)

    Comment les proches peuvent-ils mieux composer avec le stress engendré par les situations de crise des personnes ayant un trouble de personnalité limite?

    En identifiant leurs limites personnelles, en établissant certaines règles et en acceptant leur impuissance à régler certains problèmes de l'autre.

    Les méthodes de détente et de relaxation, la participation à des activités ou à des loisirs peuvent également être utiles pour gérer le stress.

    Malgré cela, le recours à une aide professionnelle peut parfois s'avérer nécessaire.

    Source : extrait du fascicule élaboré par Mme France Boucher, infirmière bachelière, Mme Suzanne Drolet, travailleuse sociale et le Dr Evens Villeneuve, psychiatre et directeur médical du Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean, du Centre hospitalier Robert-Giffard.

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