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Il nous fait plaisir de vous présenter le document :
Guide de prévention suicide par le Centre d'aide 24/7, Hull.
Voici un guide pour identifier plusieurs signes pouvant signaler qu'une personne est en difficulté, afin d'intervenir avant qu'un geste irrémédiable soit commis.

Guide de prévention suicide

"Agir pour prévenir"

"Service d'intervention en situation de crise"

(Source: Centre d'aide 24/7, Hull, Québec)

 

Le processus suicidaire

La vie est constituée d'une série d'étape que nous franchissons une à une (naissance, adolescence, âge adulte, troisième âge). Certaines étapes, plus difficiles que d'autres à franchir, sont ponctuées d'obstacles. Dans le but de garder un équilibre dans notre vie, nous tentons de surmonter ces obstacles pour atteindre nos objectifs.

Quand une personne tente de surmonter ses difficultés, elle fait appel à toutes les façons de s'adapter qu'elle connaît afin de diminuer la tension qu'elle commence à ressentir. Si ces mécanismes d'adaptation sont insuffisant, elle peut connaître une période de désorganisation, unepériode de confusion. Pendant cette période de vulnérabilité, caractérisée par une grande tension intérieure, la personne tentera d'explorer de nouveaux moyens de s'adapter à sa situation et ainsi de surmonter ses obstacles.

Si certains de ces moyens donnent des résultats positifs, la personne sortira grandie de sa crise et mieux équipée pour faire face à sa vie. On dira d'elle, qu'elle a "une nouvelle corde à son arc". Si aucune solution n'apporte de satisfaction, la personne perdra peu à peu confiance en ses capacités de faire face à sa vie et en souffrira beaucoup.

Dans le but de diminuer cette souffrance insupportable, elle risque d'avoir recours à certaines substances comme l'alcool, les drogues ou tout autre moyen qui auront pour effet d'engourdir la souffrance à court terme.

Si à long terme, aucune solution n'apporte de véritable soulagement, il se peut que la personne en vienne à envisager le suicide comme étant la seule porte de sortie pour mettre fin à sa souffrance.

Le suicide est l'aboutissement d'un long processus. Nous pouvons identifier plusieurs signes pouvant signaler qu'une personne est en difficulté et intervenir avant qu'un geste irrémédiable soit commis.

 

 

Signes précurseurs

La grande majorité des personnes qui ont des intentions de s'enlever la vie donne des indices et des signes de leur souffrance. Ces signes peuvent être verbaux et peuvent aussi être des changements au niveau de leur comportement et/ou de leur état émotif. Les symptômes peuvent varier d'une personne à l'autre selon les caractéristiques personnelles et les particularités de l'environnement. Voici quelques-uns de ces signes qui nous aideront à reconnaître une personne en situation difficile.

Messages verbaux directs

  • J'ai le goût de mourir…
  • J'ai fais mon testament, tout est prêt, je prends mes médicaments.
  • Je vais me suicider…
  • Je veux en finir pour toujours…

Messages verbaux indirects

  • Vous allez bientôt avoir la paix.
  • Je vais débarrasser le plancher.
  • … de toute façon, je n'en aurai plus de besoin…
  • J'ai fini de vous emmerder…

Les indices d'ordre émotionnel

  • Désintérêt, perte de plaisir, de désir
  • Émotions qui éclatent soudainement
  • Brusques changements de l'humeur, agressivité

Les indices comportementaux

  • Changements radicaux dans les attitudes et les comportements
  • Dons soudains d'objets significatifs pour la personne
  • Diminution de la performance scolaire ou au travail
  • Retrait, isolement
  • Manque d'énergie, extrême lenteur
  • Consommation inhabituelle de drogues, d'alcool, de médicaments
  • Changements dans les habitudes alimentaires (manger davantage ou moins) et de sommeil (insomnie ou sommeil prolongé)
  • Intérêt soudain pour les armes à feu et les médicaments
  • Changement dans la tenue vestimentaire, dans les habitudes d'hygiène personnelle.

Quand nous reconnaissons qu'une personne est en situation difficile et que nous commençons à douter qu'elle pourrait avoir des intentions de s'enlever la vie, nous avons parfois recours à des explications qui ne sont pas toujours fondées, et ce dans le but de nous sécuriser. Ces explications sont souvent des mythes, des tabous, des préjugés profondément inscrit dans la mentalité populaire qui nous empêchent d'agir et d'intervenir.





Les mythes qui entourent le suicide :

Les mythes les plus fréquents sont les suivants :

  • Ceux qui parlent de suicide de le font pas.

Ce mythe sous-entend que lorsqu'une personne est vraiment décidée à mourir, elle n'en parle pas; que lorsqu'une personne en parle, c'est qu'elle veut attirer l'attention ou qu'elle manipule son entourage.

Or, nous savons que sur 10 personnes qui se suicident, 8 d'entre elles donnent des indices de leurs intentions. Pour la personne suicidaire, parler du suicide, c'est exprimer l'intensité de sa souffrance. Le message verbal, qu'il soit clair ou subtil, est un élément de dépistage des plus important.

  • Ceux qui se suicident sont vraiment décidés à mourir.

La personne suicidaire choisit-elle la mort ? Pèse-t-elle le pour et le contre de son choix ? Est-ce une décision rationnelle après une mûre réflexion ? En réalité, une personne qui pense au suicide ne veut pas mourir. Elle cherche à mettre fin à une souffrance insupportable. La personne est ambivalente entre cesser de souffrir et vivre. Comprendre cette ambivalence nous aide à rechercher avec la personne des solutions satisfaisantes qui diminueraient la souffrance et augmenteraient l'espoir d'une vie meilleure.

  • Le mythe du courage et de la lâcheté.

Une personne suicidaire ne se sent ni courageuse, ni lâche, elle se sent découragée. Ce sont les gens qui entourent cette personne qui posent un jugement à son geste.

  • Parler du suicide à une personne pertubée lui donnera l'idée de passer à l'acte.

Il est vrai qu'on ne parle pas de suicide n'importe comment. Certains croient que mettre au défi une personne suicidaire va l'amener à réaliser le non-sens de son geste et à changer d'idée. Lancer un défi peut faire réagir la personne, mais peut-être pas dans le sens voulu. Si la personne suicidaire a l'impression que sa mort est souhaitée, elle se sentira rejetée et poussée plus vite à agir.

Par contre, en vérifiant directement les idées de suicide d'une personne, nous lui ouvrons la porte pour qu'elle puisse exprimer sa souffrance. On lui démontre qu'on la croit et qu'on veut l'aider.

Le suicide n'est pas toujours ce que l'on croit. Il relève toujours d'un ensemble de facteurs qui créent un contexte dans lequel une personne sera plus vulnérable qu'un autre face à une même situation de crise.





Si vous doutez qu'une personne a des intentions suicidaires

Abordez le sujet directement :

Tout d'abord, il est important d'être à l'écoute de la personne en difficulté.

En présence de signes ou de messages suicidaires, demandez directement à la personne si elle pense à mourir ou si elle a des intentions de s'enlever la vie.

Exemple : "Jean, tu me dis que tu as plein de problèmes et tu m'as l'air découragé. Est-ce qu'il t'arrive de penser au suicide ?"


Invitez la personne à parler de ses intensions suicidaires :

Si la personne affirme être suicidaire, vérifiez si elle a planifié son geste :

A-t-elle identifié un moyen pour mettre un terme à sa vie ?

Si oui, ce moyen est-il disponible ou accessible ?

… Quand a-t-elle (cette personne) l'intention de mettre son plan à exécution ?


Déterminez l'urgence suicidaire :

Si la personne a planifié son geste avec précision, c'est qu'elle cherche désespérément un moyen pour mettre fin à sa souffrance.

Si la personne a un plan précis et qu'elle a l'intention de s'enlever la vie dans un court délai, il est important que cette personne ne reste pas seule et qu'elle reçoive l'aide d'un intervenant familier avec le suicide

(voir le bottin des ressources).


Encouragez la personne à aller chercher de l'aide :

Informez la personne sur les ressources d'aide en insistant sur la confidentialtié des services offerts.

Offrez-lui, au besoin, de contacter une ressource où elle pourrait être vue le plus tôt possible.

Si vous êtes un proche, accompagnez la personne vers la ressource que vous avez contactée.

Évitez de prendre la personne en charge. Respectez vos limites et n'hésitez pas à consulter une source d'aide spécialisée pouvant prendre la relève.



Si la personne refuse de l'aide

Contactez une ressource pour leur expliquer la situation et leur demander conseil.

Ressources à consulter :

Centre d'aide 24/7
centreaide247@videotron.ca

Tel-Aide Québec : (418) 686-2433

Sans frais région 418 : 1-877-700-2433




Pensée à retenir :

" Une grande envie de mourir c'est aussi une grande envie de vivre une autre vie que la sienne.

On croit qu'on voudrait mourir, alors qu'on voudrait naître à une autre vie… "

_ Françoise Dolto